Chateau de Montribloud

Le Château-fort
au moyen-âge :
la guerre de Cent Ans en Dombes

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  Résumé : Au cours de la guerre de Cent Ans, Humbert VI défend ses terres de Dombes en siègeant au château de Montribloud. C'est Eudes de Villars, recteur du Comtat Venaissin, puis gouverneur des Etats de Savoie qui affranchit les serfs de Montribloud. Ses héritiers Les La Baume, comtes de Montrevel défendent la ville de Lyon depuis le château de Montribloud.

Montribloud pendant la guerre de Cent Ans


  On comprend fort bien l’utilité d’un château-fort lorsque l’on se souvient que la guerre de Cent Ans démarre en 1337, et que les premières batailles furent gagnées par les Anglais en 1346 (Crécy) et 1356 (Poitiers). Le roi de France Jean II le Bon est même fait prisonnier en 1356 et la guerre s’enlise : les soldats, pour la plupart des mercenaires désoeuvrés et sans solde, vont former ces fameuses bandes de routiers, aussi appelés « Tard-Venus » puisqu’arrivés après les batailles. Et alors que les affrontements anglo-français n’ont touché que l’Ouest et le Nord de la France, ces compagnies vont sillonner la Bourgogne, la vallée du Rhône, l’Auvergne et le Sud de la France à la recherche de villes à rançonner ou à piller…
  C’est ainsi qu’en février 1363, les mercenaires menacent de passer la Saône, et parcourent même la Dombes en novembre de la même année. Après la prise d’Anse en novembre 1364, elles s’installent à Saint-Germain-au-Mont-d’Or et à Gléteins en face d’Anse et ravagent les pays alentours (on note par exemple l’assassinat du curé de Saint-Christophe près de Saint-Trivier-sur-Moignans). Plus tard, elles comptent utiliser le port de Vimy (Neuville-sur-Saône) pour pénétrer en Franc-Lyonnais, Dombes et Bresse : quelques centaines d’hommes réussissent à passer en juin 1365.
  Après les intermèdes espagnol et turc qui ont éloigné les mercenaires, les voilà de retour en janvier 1368 en Lyonnais et Forez. C’est pourquoi nous retrouvons, prêts à défendre leurs fiefs le sire de Villars, Humbert VI, sa femme, Béatrix de Châlon, et leur Fils, le futur Humbert VII, seigneur de Roussillon et Annonay, présents sur leurs frontières, plus précisément à Montribloud où ils signent les 8 et 12 janvier 1368 deux actes, l’un de cession au damoiseau Jean de Vaugrineuse, l’autre d’un permis de construire d'une maison-forte pour l’abbaye de la Chassagne [près de Chalamont].
  
Les Thoire-Villars
  La famille de Thoire-Villars est née de l'union vers 1187 entre Agnès de Villars, fille unique d'Etienne II de Villars, avec Etienne de Thoire, fils d'Humbert II de Thoire. Aux terres dombistes des Villars qui comprenaient  les seigneuries de Villars, du Châtelard, d'Ambérieux-en-Dombes et de Trévoux s'associent les terres du Bugey, entre autres Cerdon, Montréal, Arbent, Matafelon, Beauregard, Belvoir. Après Etienne Ier de Thoire-Villars, succèderont son fils Etienne II (†1248), et ses descendants : à savoir Humbert III (†1301), Humbert V (†>1336), Humbert VI (†1372) et Humbert VIII (†1424).
  Cette famille donnera aussi 3 archevêques de Lyon : Henri Ier (1295-1301), Louis (1301-1308) qui assiste en 1305 à Lyon au sacre du pape Clément V ;  le dernier Henri II (1342-1355) est aussi gouverneur du Dauphiné (1335-1355) lors du rattachement de celui-ci à la France (1349). D'autres seront évêque de Valence, ou chanoine dans les abbayes de La Chassagne, Nantua,...
  En 1402, ayant perdu son fils Humbert, comte de Genève, Humbert VII vend une partie de ses seigneuries au sire de Beaujeu, Louis II de Bourbon (entre autres Trévoux et Ambérieux) qui agrandiront la principauté de Dombes, le reste au comte de Savoie Amédée VIII, dont le Bugey, Villars et Montribloud.

   Le 31 octobre 1384, Humbert VII de Thoire-Villars échange avec son cousin Eudes de Villars, seigneur de Monteiller, contre la terre de Beauvoir en Bugey, la seigneurie de Montribloud. Cette seigneurie s’entend alors comme « châtel [château], châtellenie et mandement de Montribloud » avec toute la justice et le fief des paroisses de Saint-André, Civrieux, Bussiges et St Marcel. Plus précisément, la haute, moyenne et basse justice sont accordées le 27 janvier 1385.

  Le 29 octobre 1402, la châtellenie de Montribloud intègre la Bresse. En effet, Humbert VII de Thoire-Villars se retrouve sans descendance masculine depuis le décès vers le 10 mars 1400, de son fils Humbert, comte de Genève. Il vend cette châtellenie parmi d’autres au comte de Savoie, Amédée VIII, par un acte passé dans la chapelle du château de Trévoux.

  En 1407, Eudes de Villars affranchit les serfs de Montribloud. Ce dernier décédé en 1415 sans enfant, Montribloud passe par héritage en 1418 à ses neveux, Jeanne de la Tour et Jean de la Baume.

blason des Thoire-Villars
Eudes de Villars
  Seigneur du Montellier, cousin germain d’Humbert VII de Thoire-Villars, il participe aux campagnes des comtes de Savoie en Piémont. Il entre en possession du château de Montribloud en 1384. Entre 1390 et 1393, il devient recteur du Comtat Venaissin, principauté du pape Clément VII. Il s’attache ensuite à la personne du comte Amédée VIII de Savoie alors mineur. Il gouverne de fait la Savoie, la Bresse, le Bugey et toutes les autres possessions savoyardes de 1393 à 1398, date de l’émancipation du comte Amédée VIII. En 1400, il devient comte de Genève, comté de Genève qu’il revend à son ancien protégé en 1401. Il meurt en 1415, sans enfant de sa femme Alix des Baux, dame de Caromb.

  Mais la guerre de Cent Ans n’est pas fini : la trêve qui a débuté en 1396 est brisée en 1414, et en 1415, l’armée française subit une nouvelle défaite à Azincourt. Le duc de Bourgogne, par le traité d’Arras, s‘allie au roi d’Angleterre. Ce ralliement fait vite renaître des tensions dans la région, la Bresse savoyarde se retrouvant entre les Bourguignons au Nord, et les Dauphinois et Lyonnais au Sud. Il s’ensuit de nombreuses incursions en Dombes des capitaines bourguignons Amé de Viry et Jean de La Baume. Des inquiétudes naissent dans la ville de Lyon et en 1427, elle demande à Jacques de La Baume seigneur de Montribloud, d’y maintenir une garnison de 24 hommes pour prévenir l’attaque de Lyon. Jacques de La Baume est aussi le fils de Jean de La Baume (!)

  Le 26 décembre 1427, par lettres patentes datées de Pignerol, Amé VIII, duc de Savoie, érige en Comté la baronnie de Montrevel ; il y réunit les châteaux et mandements de Marboz, Bon-Repos, l'Abergement, Montribloud, Saint-Etienne-du-Bois, Asne et Asnières, et d'autres biens.
  Le 25.02.1440 [1441], Louis, duc de Savoie, pour récompenser les services de Jacques de la Baume, et pour économiser des frais de justice, lui accorda toute justice sur 23 familles faisant feu […] Il lui accorda en outre, le droit d'avoir un juge d'appel pour ses 2 terres de Montribloud et de l'Abergement, contre 100 florins pour cette concession.

  En 1480 et 1530, les appelations de Montribloud, « Castrum de Montriblost », et « Burgum Montriblodi », semblent indiquer la présence d’une garnison, pour ce château placé à la frontière franco-savoyarde depuis la fuite du connétable de Bourbon

  En 1536, suite à la déclaration de guerre de François Ier au duc de Savoie, la ville de Montluel fut attaquée et pillée par les Français ; La Bresse et le Bugey se rendirent sans résistance. C’est le comte de Montrevel qui fut nommé lieutenant-général et gouverneur pour le roi dans les pays de Savoie, Bresse, Bugey et Valromey. Mais par suite de succession, François de La Baume-Montrevel, étant passé au service de Charles-Quint, le château de Montribloud est saisi vers 1552. La main-levée ordonnée en 1557 par Henri II, roi de France, ne sera appliquée qu’en 1588.
  
La Famille de La Baume, seigneurs puis comte de Montrevel
  Le premier La Baume ayant occupé une fonction notable est Pierre de La Baume, bailli en 1298 de Bresse, Bugey et Novalaise. Lui succède Etienne II, dit le Galois, qui féraille avec bonheur contre les Anglais au début de la guerre de Cent Ans. Après son fils Guillaume, c'est Jean de La Baume qui s'illustre aux côtés de la mison de Savoie et de Bourgogne et qui gagne son bâton de maréchal de France en 1421. il obtint du tout nouveau duc de Savoie Amédée VIII que la terre de Montrevel soit érigé en Comté en 1427.
  La famille des La Baume s'éteint avec Melchior qui sera guillotiné en 1793.

  Montribloud resta dans la puissante famille de la Baume, jusqu'à Antoine, qui le vendit le 3 septembre 1590, à Martin et Jean de Covet
, seigneurs de la Mure, originaires de la Bresse, et qui firent de ce château-fort une gentilhommière (suite)
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sources :
  • Visite du Château de Montribloud in « Bulletin de la Société Historique, Archéologique et Littéraire de Lyon Tome XXVIII p.71-91 - rédigé par M. Paul Feuga – 1998
  • Recherches historiques sur le département de l’Ain – de La Teyssonnière – 1841-45
  • Les Tard-Venus en Lyonnais, Forez et Beaujolais – Georges Guigue - 1886
  • La commune de Lyon et la guerre bourguignonne – Jean Deniau – 1934
Sommaire :
1. Montribloud au début du moyen-âge
2. Montribloud pendant la guerre de Cent Ans
Encadrés
*
Les Thoire-Villars
* Eudes de Villars
* Les La Baume
Blason des Thoire-Villars
Blason des Thoire-Villars
Bandé d'or et de gueules de six pièces

Cri : Villars !
Blason des La Baume, comte de Montrevel
Blason des
La Baume

D'or, à la bande crénelée d'azur

Cri : La Baume !