Chateau de Montribloud

Le Château des Nicolau
de Montribloud

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   Le 29 janvier 1754, Pierre Nicolau achète à Jean-Baptiste de Covet Montribloud pour 130 000 livres, plus 130 livres d’étrennes, ce qui inclut le remboursement d’une dette de 30 000 livres.
   Un peu plus tard, par acte rendu à Montluel le 25 septembre 1756, « publié et affiché à l’yssue des messes paroissiales dépendants dud. Comté, et aux autres endroits accoutumés », la justice pour le « Comté de Montribloud » (comprenant toujours Saint-André-de-Corcy, Saint-Marcel, Bussiges et Civrieux rière en Bresse) est transférée à Montlu
Blason des Nicolau
Blason des Nicolau
D'azur au coq d'or
sur une rivière d'argent
surmontée de trois cannets de sable
dans un nid d'argent
[armes parlantes : nid-coq-l'eau]
   Christophe Nicolau, fils unique de Pierre, devenu trésorier de la Ville de Lyon, en hérite en 1771 et décide de confier les travaux d’embellissement à Jean-Antoine Morand (1727-1794).
   L'architecte Morand qui a construit le nouveau quartier des Brotteaux à Lyon, ainsi qu'un pont sur le Rhône, utilise les anciens bâtiments en équerre et crée un large fer à cheval aux ailes non parallèles, ouvrant sur une cour pavée. A cette fin, il prolonge de trois fenêtres l’aile de l’ancien château à la suite de la salle à manger par différents appartements de maître, salle de billard et salle de bains. Il construit à neuf l’aile est dont l’orientation oblique s’explique, sans doute, par la présence d’anciennes courtines et le souci d’utiliser l’infrastructure de la tour nord-ouest. 
   Cette aile abrite deux grands salons et un large escalier sur plan rectangulaire, dont le rampant d’environ un mètre cinquante est en carreaux de terre cuite bordés d’arêtes de bois. La très belle rampe en fer forgé est sans doute l’œuvre du sieur Gence, serrurier de Neuville-sur-Saône, auquel Morand avait avancé des fonds.
   Cet escalier est éclairé par une lanterne suspendue à une potence pivotante dont l’angle est orné du monogramme « N M » (Nicolau de Montribloud).
Escalier XVIII° du Château de Montribloud
   Le fond du fer à cheval utilise l’autre aile de la gentilhommière. Au centre, Morand crée un avant-corps percé de deux portes en plein cintre surmontées d’un trophée dont les écus, aujourd’hui martelés, devaient porter les armes Nicolau et Mayeuvre. Les anciennes ouvertures sont transformées en fenêtre à la française. Des fausses fenêtres sont peintes sur le mur nord de l’aile des communs pour donner une impression d’uniformité à celui qui vient de franchir le portail.
   Deux tours couvertes d’ardoises sur des charpentes à trois pentes, devaient marquer les angles du fer à cheval. Nicolau ne construit que celle du sud-ouest. La seconde demandait un difficile travail d’architecture car elle devait englober une partie de l’ancienne gentilhommière et entraîner la destruction de son donjon.
  Enfin Morand agrandit la cour d’honneur et la termine au nord par une terrasse encadrée par deux pavillons. Près de l’entrée, une chapelle est substituée à la tour qui protégeait l’accès à la cour. L’intérieur de la chapelle est orné de rocailles en stuc, dont certaines parties subsistent. L’autre pavillon destiné à la musique servait en 1830 de pigeonnier.

   Christophe Nicolau a engagé ces travaux à l’apogée de sa carrière. Mais la faillite le guette. D’ailleurs Morand a beaucoup de mal à se faire payer ses honoraires. Le Trésorier de la Ville est soupçonné d’avoir mêlé les affaires publiques avec ses propres affaires. Il est contraint de céder sa charge à la fin de l’année 1775. Mais « le feu prit au château de Montribloud et se communiqua à la chambre et au cabinet même de M. de Montribloud On jeta les meubles par la fenêtre » ! (Chroniques de l’abbé Duret, 9 mars 1776).

   N’étant pas habité, Nicolau ayant fui à Paris, Montribloud traverse la Révolution et l’Empire sans trop d’histoires. Le 17 octobre 1826, son fils Antoine Nicolau vend Montribloud pour 572 000 francs.


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source :
  Visite du Château de Montribloud in « Bulletin de la Société Historique, Archéologique et Littéraire de Lyon Tome XXVIII p.71-91 - article rédigé par M. Paul Feuga - 1998

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