Chateau de Montribloud

Le Site de Montribloud
dans l'Antiquité :
le mystère de son origine

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  Le mystère qui plane sur l’étymologie du nom « Montribloud » n’a pas encore permis aux historiens de trancher sur l’origine du mot et donc du lieu.
  Voici exposées à la sagacité de chacun quelques unes de ces hypothèses :

  1. une origine gauloise :
  Henri Barthoux a ainsi proposé que le nom « Montribloud » dérive de « Mons Triplod » c’est-à-dire « mont triple » : le site de Montribloud se situerait à la frontière entre les tribus Ségusiaves au Sud-ouest, Allobroges au Sud-Est et Ambarres au Nord.

Tribus gauloises
  • Les Ségusiaves : peuple gaulois dont la capitale se situait à Feurs (Forum Segusiavorum) et qui s’étendait dans la plaine du Forez et sur les Monts du Lyonnais jusqu’aux alentours du Rhône et de la Saône.
  • Les Allobroges : peuple gaulois installé entre Isère et Rhône dont ils occupent les deux rives. Défaits par les Romains, ils sont intégrés en 122 av. J.C. à la province de la Narbonnaise. Une de leurs capitales sera Vienne, rivale de Lugdunum.
  • Les Ambarres : leur nom signifierait qu’ils habitaient sur les deux rives de la Saône (Arar) ou entre les deux fleuves, Saône et Ain. Leur nom subsiste dans les villes et villages d’Ambérieu : Ambérieu d’Azergues, Ambérieu-en-Dombes et Ambérieu-en-Bugey.

  2. une origine romaine :
D’autres historiens proposent que Montribloud dérive de « Mons Terribilis », le Mont Terrible. Ils font mention de deux épisodes sanglants qui se déroulèrent dans la région à l’époque gallo-romaine.

   2.1. Le camp de César au cours de la première guerre des Gaules (58 av. J.C.) :
     remarque : cet épisode à lieu 6 ans avant la conquête de la Gaule par Jules César et les fameuses batailles livrées contre Vercingétorix à Gergovie et Alésia.

  A cette date, les Helvètes, tribu gauloise qui peuple l’actuelle Suisse, ont décidé de quitter les environs du lac Léman et de gagner l’Océan (en Saintonge ?). Après avoir fait table rase du passé, ils descendent le Rhône, avançant en colonnes parallèles par la cluse de Nantua, celle des Hôpitaux (St-Rambert-en-Bugey), et peut-être aussi le long du Rhône jusqu’au confluent avec la rivière d’Ain.
  Etant remontés sur le plateau de Dombes, ils parviennent jusqu’à la Saône pour semble-t-il passer au gué de Grelonges, près de Messimy. Ils auraient été plus de 360 000, hommes, femmes, enfants, à pied, à cheval, accompagnés de chariots.
 Jules César, à la demande des Eduens, gaulois alliés de Rome, s’empresse d’intervenir avec ses légions. Remontant la vallée du Rhône, il monte lui aussi sur le plateau de Dombes et y établit un camp. Puis parties à minuit, les légions franchissent les derniers 20-25 km (distance habituellement parcourue en un jour par les légions romaines) : elles fondent sur l’arrière-garde helvète, l’anéantissent près du gué et forcent le reste des envahisseurs à regagner leurs montagnes.

Les Helvètes et jules césar

  Pour l’heure, aucune trace n’a été trouvée sur ce fameux camp et rien n’interdit de penser qu’il puisse se trouver dans les environs de Montribloud.

  2.2 Le lieu mythique de la victoire de Septime-Sévère sur Albin en 197 ap. J.C. :
  Si le camp de César n’a rien qui puisse évoquer la terreur - ce serait plutôt le massacre des Helvètes près de la Saône -, il n’en est pas de même à propos de l’impression de carnage qui découle de l’affrontement sanglant entre les deux généraux romains Septime-Sévère et Albin en lutte pour la conquête du titre d’empereur romain.
  C’est semble-t-il sous Louis XIV que l’historien lyonnais Claude-François Ménétrier (1631-1705), jésuite, a placé le lieu de cette bataille en Dombes à Montribloud. Plus tard, nombre d’historiens locaux à la fin du XVIII° et au cours du XIX° relateront avec plus ou moins force détails l’évolution du combat.

  Nous sommes en 197 après J.C., et l’empereur Helvius Pertinax vient d’être assassiné après 87 jours de règne. Trois prétendants soutenus par leurs légions vont se déclarer :
  • Septime Sévère, ancien gouverneur de Lugdunum (Lyon) en 186-187, commande les légions postées en Pannonie (actuelle Hongrie, sur les bords du Danube) ;
  • Pescennius Niger, originaire du Latium (Italie) établi sur les légions d’Orient ;
  • Clodius Albinus, Albin, conduisant les légions stationnées en Bretagne (actuelle Angleterre).
  Victorieux de Niger, Septime-Sévère se retourne contre Albin qui, ayant franchi la Manche, se trouve à Lugdunum. Les citoyens de Lyon semblent avoir pris le parti d’Albin. Arrivant par Vesontio (Besançon), les légions de Septime-Sévère remportent un premier succès près de Tinurtium (Tournus).
  Une seconde bataille, décisive, se déroula aux environs de Lyon entre deux armées romaines fortes de 75 000 hommes chacune. Les quelques légions d’Albin ont été renforcées par la cohorte urbaine de Lyon. Ces dernières sont enfoncées par l’aile droite de Septime-Sévère tandis que ses troupes reculent en désordre devant celles d’Albin, positionnées derrière un fossé défensif. C’est la charge de sa cavalerie commandée par Laetus qui sauvera Septime Sévère.
  Albin, réfugié à Lyon, se suicide dans une maison près du Rhône. Suite à la victoire, une partie des habitants de Lugdunum furent massacrés, leurs biens confisqués.

  Il a été trouvé au XIX° sur les terres du Château de Montribloud quelques objets romains qui ont été déposés dans un musée. Mais le site du château ayant été remblayé pour créer au moyen-âge une motte de terre artificielle servant de base au château, on sait peu de chose à l’heure actuelle sur l’occupation du site dans l’Antiquité.

  3. une origine germanique :
  Nous sommes au moyen-âge, et bientôt s’élèvera un donjon, le donjon de Montribloud…
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