Chateau de Montribloud

Une rue de Montribloud
à Lyon et Tassin-la-Demi-Lune

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  Il existe peu de lieux qui sont ou furent nommés Montribloud. En l’état de nos humbles connaissances, nous en répertorions deux dans la ville voisine de Lyon. La localisation rapprochée des trois lieux-dits Montribloud indique peut-être une origine étymologique commune.

une ancienne rue ou ruelle de Montribloud

  Elle se situait dans l'actuel premier arrondissement de Lyon. A l'Est, elle donnait sur le quai et la poterle de Montriblout. (posterle : ancien français attesté au XIII°, issu du bas latin "posterula" qui signifie "porte de derrière". Le terme disparaitra au profit du terme "poterne" "porte dérobée dans la muraille d'enceinte d'un château, d'une fortification".) Les premiers actes consulaires
conservés aux archives municipales de Lyon, montrent une prédominance parmi les habitations de maisons basses et de granges.
  Ainsi on trouve un maître d’école, maître Raynaud établi en 1377 sans doute en la rue « Montrublot » (Montribloud) et redevable d’une taxe perçue au nom du Roi.
 
Plus tard, lors de l'estimation des biens des lyonnais en 1388, apparaît dix huit fois le nom de la rue (2), du carré (3), de la charrere (2) ou de la poterle (2) de Montriblout.  On compte à l’époque 9 maisons sans autre qualificatif, 8 maisons hautes et basses, 13 maisons basses ou meyssonnetes, 3 maisons avec un curtil [jardin], 2 maisons avec grange, 8 granges et enfin 3 granges avec curtil.
 Par exemple Matheu de Chaponnay perçoit de Johan Corteis, panneter [panetier ? c’est-à-dire boulanger] pour la location de granges la somme de 12 gros (monnaie d’argent instituée par Saint Louis).

  En 1493, les confrères de la Trinité possèdent un « grand tènement de maisons, granges et jardins, en la dite rue, traversant en partie à la ruelle de Montribloud, […] » En cette même année, Michel Roy dit Combremont, sergent royal, tient une maison haulte, moyenne et basse, avec grands estables, en la ruelle de Montribloud, ayant issue en la ruelle du Pet-Estret […], et la commune de Lyon tient une grange haute et basse, faisant le coing tirant de la dite ruelle (de Montribloud à l’Arbre-Sec). Enfin, toujours en 1493, Antoine de Varey seigneur de Balmont, possède un « grand tènement de maisons, des granges et des jardins dernier, en la dite rue, traversans de la ruelle du Prêt-Estret à la ruelle Montribloud ».

 Les actes consulaires de 1516-1517 rapportent la présence de filles joyeuses : Claude Barsuraube, teinturier, dans la rue ou ruelle de Montribloud, [est] propriétaire d’ « une grange, maison, pressoir et jardin, « auquel jardin a, oultre la dictre grange, cinq petites chambres à filles joyeuses, faisant le coing de la ruelle Pet-Estret » (Pas-Etroit). Dans ce même registre on trouve également Jeanne, veuve de Michel Roy, dit Combremont, qui tient en partie une maison haute, moyenne et basse en la dicte ruelle de Montribloud, ayant issue en Pet-Estret. Filles publiques y demeurent. Toujours dans le même registre, Pierre de Bologne, dit Pitron, hôtelier, possède un grand tènement de maisons en voie de construction, « traversant de Pet-Estret en la ruelle de Montribloud, […] » Enfin toujours en juin 1517, Claude Girard tient, du chef de sa femme, une maison haulte, moyenne et basse, tenant deux corps de maison, dont l’un fait le coing de la ruelle de Montribloud, […]
 En 1551, le chapitre de l’église de Saint-Nizier déclare des « jardins sis en la rue de Montribloud et évalués 50 livres par an.
Rue de Montribloud à Lyon

  Vers 1550, la rue de Montribloud est représentée sur le plan scénographique de la ville de Lyon mais sera oubliée lors de la confection du fac-similé gravé par J. Séon et F. Dubouchet et publié par la société de typographie historique (1872-1876). Elle apparaît néanmoins  sur le plan "Antiquissima Vrbis Lvgdvnensis ad Rhodanvm Delineatio", plan cavalier levé géométralement et dessiné en 1607 par le mathématicien lyonnais Philippe Le Beau, ingénieur-géographe du roi. Simon Maupin la note encore en 1659 sur le plan "Description av natvrel de la ville de Lyon et paisages alentour d'icelle".

  Parallèlement, cette même rue s’appelait rue Mulet (attesté aussi dès le XIV°) et c’est ce nom qu’elle conserve encore aujourd’hui. La Rue Mulet-Montribloud allait jusqu'aux quais du Rhône, avant que la construction du collège de la Trinité par les jésuites
(actuel lycée Ampère) ne la réduise à la section d'aujourd'hui.
  Le quartier a été profondément bouleversé au XIX° avec le remembrement de type hausmannien de la presqu’île et la création de la rue de la République (dite aussi « rue de la Ré »)

Le chemin et la rue de Montribloud.

  Appelé d’abord chemin de Montribloud, cette voie publique fixe la limite entre les communes de Tassin-la-Demi-Lune et de Lyon. Attesté en 1815, le chemin de Montribloud constitue le bas du chemin de Champvert. Au XIX°, le chemin se poursuivait après un coude à droite, jusqu’à l’ancienne rue du Bourbonnais (actuelle rue du Souvenir). Aujourd’hui, la voie s’arrête plus haut, à l’angle de l’avenue Victor Hugo. Toujours au XIX°, à l'angle de la rue de Montribloud se trouvait l'
impasse Montribloud, aujourd'hui impasse Bellefontaine. Il existe pourtant encore une impasse Montribloud mais plus haut, proche du pont sur l'autoroute de Paris.
  Toujours limite intercommunale, elle est rue à Lyon (9ème arrondissement) et chemin à Tassin-la-Demi-Lune ! Les premières traces de ce chemin remonteraient aux environs de 1700. En 1968, la maison appelée « Montribloud », d’où le chemin tirait son nom, fut rasée suite à la percée du tunnel de Fourvière.

Mons Terribilis

  Louis Maynard dans son livre sur les rues de Lyon va copier l’idée de l’étymologie donnée en Dombes pour le nom Montribloud dérivé du latin « Mons Terribilis ». A « Mont Terrible », il préfère « Montée Terrible » mais garde l’idée originale qu’il s’agit du lieu de la bataille entre Septime-Sévère et Albin !
  Cette attestation se retrouve de nos jours dans tous les livres sur l’histoire de Lyon ainsi que dans les journaux locaux, sans la référence à la Dombes, et sans aucune recherche ultérieure de véracité.

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Sources :
  • Le livre du Vaillant des habitants de Lyon en 1388 : estimation des biens, meubles et immeubles pour servir à l'assiette de la taille, 1927.
  • A. Steyert, Changements de noms de rues de la ville de Lyon, 1884.
  • Louis Maynard, Histoires, légendes et anecdotes à propos des rues de Lyon, 1930.
  • Maurice Vanario, Les rues de Lyon à travers les siècles (XIV° au XX°), 1990.
  • Archives municipales de Lyon.
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